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Le Plan B et la valeur de l’entreprise

publié le 22 février 2012, dans la catégorie Carnet du CTECN, par Francis Nadeau

(ARTICLE RÉDIGÉ PAR ANDRÉ TOUZIN DE PÉRENNITÉ PME)

À un client qui s’apprêtait à prendre l’avion pour un long trajet, je demandais : « Embarquerais-tu à bord si tu savais qu’il n’y a pas de copilote ni d’instrument de contrôle? » «  Évidemment non » fût sa réponse. Cette dernière lui a vite fait réaliser que son entreprise se trouvait exactement dans la même situation périlleuse. En effet, comme dans la plupart de nos PME, l’entreprise repose « dans la seule tête » du dirigeant. Comme le mentionnait le CAE de Montmagny « Une entreprise ayant une trop grande dépendance envers le dirigeant fondateur sera moins attrayante pour un investisseur, car le départ du patron rendra incertain l’avenir de l’entreprise.»

Pour sécuriser l’avenir de l’entreprise et lui donner de la valeur, il faut que celle-ci se dote d’un Plan B, c’est-à-dire, une structure capable de remplacer le dirigeant si ce dernier devait quitter ou s’absenter de façon prolongée (maladie, accident, évènements incontrôlables, etc.). Ce plan B fait donc partie du Plan de relève et doit être articulé aussitôt que possible.Une entreprise doit son succès au travail acharné du dirigeant et au développement de connaissance ou d’expertise souvent spécifique à l’entreprise. Cette connaissance et cette expertise constituent des actifs précieux pour l’entreprise et se doivent donc d’être préservées. Pour se faire, il faut clairement identifier les éléments qui sont nécessaires à la croissance et à la pérennité de l’entreprise et s’assurer que ceux-ci sont encadrés dans une structure indépendante du dirigeant, c’est-à-dire une structure capable de fonctionner de façon optimale même si le dirigeant est absent pour une période prolongée.

Tout comme dans l’exemple de l’avion, la sélection d’un ou de copilotes ainsi que leur encadrement et leur formation, devraient faire partie des priorités de l’entreprise. Idéalement, la connaissance et l’expertise, en plus d’être transmises aux successeurs (copilotes),  devraient aussi être mises par écrit et tenues à jour afin que celles-ci soient bonifiées avec le temps et finissent par constituer les « instruments de contrôle » nécessaires à la croissance et à la pérennité de l’entreprise.

La valeur d’une entreprise n’est pas uniquement constituée d’actifs physiques mais est directement affectée par divers facteurs dont le marché, sa structure, son réseau d’affaires, son degré d’autonomie, ses perspectives de croissance à moyen et long terme, etc. Si tous ces facteurs sont principalement sous « le contrôle » du dirigeant, quels seraient les impacts sur la valeur et la croissance de l’entreprise et sur son patrimoine familial,  si ce dernier devait disparaître soudainement.

À titre d’exemple, dans plusieurs PME, une grande partie du chiffre d’affaires est généré par le réseau d’affaires que le dirigeant s’est créé avec le temps. Si ce dernier n’a pas présenté et fait accepter ses successeurs par ce réseau, quelle partie du chiffre d’affaires disparaîtra en l’absence de son présent dirigeant?

Il en est de même pour les fournisseurs, les employés, les bailleurs de fonds. S’ils font affaires principalement avec une personne et non pas avec une structure (entreprise) quelles seront leurs réactions vis-à-vis un « inconnu » qui, à la dernière minute, remplace leur personne de confiance ?

Le plan de relève doit donc incorporer ces facettes importantes, soit la sélection et la formation des successeurs potentiels, le transfert de l’expertise, la mise en place d’une structure ainsi que la solidification du réseau d’affaires; ce faisant, la valeur de l’entreprise s’en trouve augmentée et sa pérennité renforcée.

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